« Dans tous les arts, il s'agit bien moins, au début de faire mieux que les autres, que de faire autrement. » (1)

 

Vous êtes donc invité à lire les notes de bas de page avant la lecture de cette lettre ouverte. Le fond et la forme seront ainsi en adéquation avec les références, qui se suffisent à elles-mêmes bien plus qu'un complément d'information traditionnel...

Merci de votre complicité.

 

Vous avez tous lu dans la presse de ces derniers mois ou à défaut entendu à la radio ou dans votre télévision, ces mots magiques qui donnent encore et toujours une impression de déjà vu : citoyen et démocratie participative. Il n'y a pas un département en France, une grande ville où une liste se présente affublé d'une de cette étiquette revendiquée, quand ce n'est pas des deux.

Et pourtant si on dépasse la lecture des titres et des accroches, on comprend vite que cela ne sont que des faire-valoir, sorte de valeurs ajoutées à d'anciens élus évincés en manque de différentiation, à une majorité qui veut s'accrocher à son siège, ou à des électeurs concernés politiquement et écœurés par le « bipartisme centriste » ou les extrêmes.

Ces derniers pour la plupart, au même titre que les premiers, ne font que reprendre des phrases creuses, ne proposent aucun programme défini de gouvernance ou d'outil. Même si leurs intentions semblent louables, ils ne s'appuient sur aucune réalité constructive et sur aucun engagement en rapport avec une vraie démarche citoyenne de démocratie participative (2).

Certes, on m'opposera l'exception qui confirmera la règle, et on me rappellera que plus de 200 listes ont signé la charte d'Anticor (3), se rapprochant ainsi d'un « guide de bonnes conduite » de gouvernance... Mais avec plus de 36 600 communes multipliées par combien de listes, je vous laisse juge du taux de pénétration d'une certaine morale politique ! Ces listes qui signent la charte Anticor, certes contraignante, donnent une certaine image de la différence, mais ne présentent aucune façon de gouverner autrement.

Pourquoi dans ce contexte si favorable, les listes citoyennes de démocratie participative de l'EBR-T sont un fiasco, malgré un vrai socle programmatique s'appuyant sur un contrat moral (4), malgré plus d'une cinquantaine de contacts à travers la France en 2013, plus d'une vingtaine de listes pressenties raisonnablement à la dernière rentrée et aucune en final qui ne verra le jour par manque de citoyens investis au moment de la déclaration en préfecture ?

 

Appel citoyen de démocratie participative

« Cherchons nos biens en nous-même, autrement, nous ne les trouverons pas. » (5)

 

Bien sûr, le fait d'être un parti non statutaire par choix, et donc ne n'avoir aucun moyen financier en accord avec nos convictions, de n'avoir non plus de réseau pour le maillage des vecteurs de communication est un véritable handicap. Tout comme le fait de n'avoir pas de véritable professionnel en communication ou d'attaché de presse, professionnel s'entendant ici comme possesseur d'un carnet d'adresse et de relations bien placées.

Mais qu'est ce qui empêche le journaliste lambda de relayer des articles de fond sur la démarche ? Qu'est ce qui motive le simple et pur refus de se faire écho dans la presse radio, télévision, papier ou internet, même alternative, d'un simple appel à constitution de listes citoyennes de démocratie participative, alors que depuis des mois on diffuse des « informations sur le mariage de la carpe et du lapin », sur les « fusils à tirer dans le coin » lors des accords pré-électoraux, ou qu'on donne une tribune à quelques personnes énervées, peut-être légitimes, affublées d'un drapeau indépendantiste qui nous promettent de faire entendre leur voix avec la constitution d'une liste ?

Pour que la démarche puisse obtenir un résultat, il eut fallu que nous soyons non pas entendus ou écoutés, mais pour le moins diffusés !

La condition de réussite de la démarche ne peut se contenter des seuls outils que nous nous étions donnés : site internet, communiqué de presse, mailing, phoning aux rédactions et aux journalistes locaux, comme nationaux.

Si nos idées de gouvernance sont plus que dans l'air du temps, si les abstentionnistes, les non inscrits, les votants blancs ou nuls et les désœuvrés de la chose politique furent et restent le premier parti de France (6), force est de constater que nous n'avons pas réussi à faire connaître notre programme et notre projet de société...

 

La déformation des idées par la réduction de l'expression

« Il s'agit moins de penser davantage que de penser autrement. » (7)

 

Les personnes qui ont choisi l'engagement politique n'ont d'autres choix que de personnifier les idées qu'ils défendent : c'est la loi du genre imposée par nos esprits déformés par tant d'années de fausse démocratie, de règles sournoisement mises en place par un sérail aux affaires depuis des décennies, voire des siècles, et par notre abrutissement « téléradiovisuel » actuel.

De fait, on relaie le « il », le « elle », mais pas la prise de conscience demandée, et surtout pas les informations essentielles de votre démarche... Quand on ironise pas de surprise, à la limite de la condescendance !

Ceux qui pensent que l'internet va être la porte de sortie se trompent ; on connaît par cœur les sites d'influences montés de toutes pièces par les partis en place, les soit-disant révolutions par réseaux sociaux interposés, et on constate aussi les politiques éditoriales de la presse dite « classique » : on a un contenu libre et partiel, un contenu payant et incomplet, et l'édition totale numérique et « exhaustive » en téléchargement où, quand la règle vous le permet, vous avez cinq lignes qui résument trente minutes d'entretien, réduit aux « différences sensationnelles » (8). Soit vous n'existez pas, soit vous êtes réduits à caricature ou au rôle de la mouche du coche...

Et ne croyez pas plus en la presse dite « alternative », dont l'immense majorité sont des sous-marins des partis traditionnels ou sont noyautés par des « extrêmes » de l'échiquier politique : posez-vous aussi la question qui se cache derrière, et pour qui appellent à voter les sites de presse ou d'associations soi-disant caritatives, écologiques ou humanistes (9) ?

Pas d'écho, pas d'appel, pas de relais sérieux de l'information et omerta constatée et avouée pour certains, dans la presse locale, nationale et alternative, un résultat sans appel (10). On voudrait museler un changement à venir qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

 

La politique ou le moyen d'exister dans un système obsolète

« C'est la différence d'opinion qui fait les courses de chevaux. » (11)

 

Nous avons choisi de nous aligner au départ de chaque élection, car c'est encore pour l'instant encore le seul moyen qui s'inscrive dans une démarche légaliste, non violente et non agressive en terme d'image.

Il ne s'agit pas pour nous de provoquer le sensationnel, le bizarre ou les autorités ! D'autres s'en chargent très bien à notre place, même si leurs propositions sont néanmoins obsolètes, sans être vides de sens et d'adaptation. Comme le dit si bien Pierre Rabhi devant l'une de nos caméras : « cela reste un aménagement du Titanic... » (12)

Alors on a beau essayer de nous vendre de l'union, de l'écoute, de la compassion, de la consultation à toutes les sauces, il n'en reste pas moins que cela est encore et toujours une façon simple et efficace de nous enfumer et de nous forcer à regarder ailleurs. On y met même de la méthode, du détournement et de la récupération à peine déguisée. (13)

Il faut dire aussi que la démocratie citoyenne et participative a une marraine médiatique, en la personne de Mme Royal, qui avait dès le départ parfaitement réussi la circonvolution nécessaire pour vider le concept de sa substance initiale ! Et pourtant, il nous faudra bien donner du sens aux maux, puisque les mots ont du sens...

Mais là aussi, on se bute à la pensée unique, aux médias aux ordres ou aux individus conditionnés ? Nous entendons d'ici les adeptes de la théorie du complot abonder dans notre sens et brandir l'étendard du communautarisme et de la paranoïa. Sachez que nous croyons plus à une convergence d'intérêts au fil de notre histoire colonialiste, lointaine et contemporaine : dans notre paradigme, le profit et le pouvoir sont deux arguments auxquels on n'oppose pas de résistance quand il s'agit de développer son bien-être personnel... Et les « commentateurs de la politique » n'en font bien sûr pas exception.

Et d'ailleurs comment le pourraient-ils ? Regardons objectivement les comptes de résultats de la presse française, et les subventions étatiques les équilibrant pour le plus. De leur condition de simples hommes ou femmes, tout comme vous et moi, tout comme nos hommes politiques, ils ne peuvent « mordre la main qui les nourrit ». (14)

De là à citer George Bernard Shaw (journal : institution incapable de faire une différence entre un accident de bicyclette et l'effondrement de la civilisation.), il n'y a qu'un pas que nous nous refusons à franchir.

 

De la parole aux actes

« Il faut vivre comme l'on pense, autrement l'on finit par penser comme l'on vit ! » (15)

 

S'il est facile de rejeter sur l'autre ses propres échecs, il nous faut remettre en cause, pour le moins, notre communication.

Mais on ne peut occulter le fait qu'il nous est impossible de pouvoir confronter notre programme au sein d'un débat, car aucun contradicteur à ce jour n'a osé se présenter sur le fond des idées et sur la proposition sociétale dont nous sommes porteurs : nous entendons toujours les mêmes sarcasmes, les même piques ironiques, les mêmes adjectifs d'utopistes ou de rêveurs de personnes qui n'ont aucun argument puisqu'il n'ont rien lu, ou pour le mieux un regard amusé, bienveillant et condescendant qu'ont certains grands-parents à l'égard des envolées politiques et verbales de leurs petits-enfants ! Quant aux plus objectifs, ils avouent ne pas y avoir penser et sont totalement démuni a priori pour un quelconque échange...

Néanmoins, nous avons plus de 190 propositions nationales d'une société de transition (16) et un contrat moral de 22 engagements inaliénables municipaux (4). Certes pas d'adhérents puisque nous n'avons pas de carte à vendre, mais plus de 4 000 authentiques « likers » (17) et plus de 600 000 consultations cumulées sur le site en refonte de l'EBR-T (18). Qui en parle ? Qui accepte d'en débattre ? Et qui se refuse à la diffusion même de ces informations ? Les intérêts des uns sont l'objectif des autres ; ne nous étonnons plus de cet état de fait !

Alors très loin des mascarades de certains altermondialistes ou de vrais faux dissidents, qui ne font que prétendre à une part du grand spectacle de notre société organisée par ceux-là à qui ils s'opposent, proposant en leur sein des solutions adossées au système, parfois réellement indignés, mais toujours incapables de changer de référent, gardant un œil sur l'objectif et changeant souvent d'angle de vue, mais dans l'impossibilité d'appréhender l'Autrement dans sa totalité, nous oeuvrons.

Sortir du système, voilà le vrai défi qu'il va nous falloir opposer à ceux qui veulent l'aménager ! L'Autre est ici tellement différent dans sa finalité, que la proposition de transition sociétale avancée par l'EBR-T n'a d'autre raison d'être que d'éviter un chaos socio-économique mondial vers lequel nous nous dirigeons tout droit.

Quoi qu'il en soit la nature reprendra ses droits ; à défaut que nous comprenions très rapidement que le fragile équilibre dynamique de l'écosystème, dans lequel nous ne sommes pas les maîtres, mais un simple composant destructeur, nous rejettera hors de son cercle.

Changeons donc nos pratiques, nos gouvernances et passons de l'échange au véritable partage.

L'aveuglement, c'est quand la différence ne sépare plus., allons donc vers l'Autrement (19) !

 

Appel aux votes ou au suivi

« Conseil, cadeau bon marché » (20)

 

Il n'y a pas d'errance dans les propos tenus et pas de contradiction à vouloir changer les gouvernances locales au même titre que les nationales, de cela nous pouvons en convenir.

Il n'y a pas non plus de « guide » dans le chemin intérieur que nous devons faire afin d'envisager l'Autre en toute complétude. Il n'y a que des choix qui tendront peut-être un jour vers le passage d'une civilisation vers une autre ; cela est juste un parcours d'évolution que nous nous accorderons, si nous en avons le temps et la présence d'esprit.

Aujourd'hui, nous devons élire nos gouvernants locaux de demain. Malgré toutes les déclarations d'intention, ils sont de fait déjà cumulards puisqu'ils iront aussi, de par la nouvelle loi, aux communautés d'agglomérations. La grande majorité s'inscrivent dans la Différence subtile par rapport à leurs opposants : ils sont de fait les même acteurs d'un même système...

Nous n'avons pas, par nature, à appeler à voter pour quiconque, d'autant plus que nous ne sommes pas « légitimes » dans ce débat au sens légaliste et préfectoral, non porteur de listes complètes et officielles.

Néanmoins, nous vous invitons à suivre, dans les localités où nous avons pu faire partie du débat, même en dehors des médias, quelques réflexions de bon sens et de pragmatisme.

Sur Pau, la liste « Pau'pulaire » de Medhi Jabrane (21) nous semble la mieux à même de porter certaines valeurs que nous défendons : transparence, honnêteté, souci citoyen, non communautarisme (contrairement à ce que ses adversaires veulent faire croire), probité et intégrité.

Sur Dax, restez à l'écoute d'Emmanuel Klein et de sa liste « Dax, l'Alternative citoyenne » (22), car il est de fait un acteur social légitime qui compte et le porteur d'une émergence de ville en transition. Il ne manquera de s'adresser à vous prochainement d'ailleurs.

Sur Fréland, notre coordinateur, Romain Didierjean a rejoint une liste dissidente « Unir nos idées », lui apportant en dote quelques idées issues de notre contrat moral. Il sera intéressant de savoir ce qu'ils en feront...

Sur Biarritz, notre coordinateur constate, que des institutionnels aux surfeurs trentenaires, encore une fois le manque de différence appelle à la fuite des urnes.

Sur Bayonne, rien de neuf sous le soleil, mais l'humanisme serein et la réelle écoute de Jean-René Etchegaray (23) semblent être la seule alternative empreinte d'expériences, de bon sens et la garantie d'une gestion pour tous et égalitaire.

 

A défaut, pensez éventuellement à voter blanc, même non comptabilisé dans le quorum, cela reste une véritable alternative démocratique !

 

Stéphane Bernard, coordinateur des Listes Citoyennes de Démocratie Participative.

 

1) « Dans tous les arts, il s'agit bien moins, au début de faire mieux que les autres, que de faire autrement. » - Charles-Augustin Sainte-Beuve

(2) quelques exemples parmi des centaines :

http://blogs.mediapart.fr/edition/municipales-2014/article/200214/des-listes-citoyennes-pour-contrer-labstention

http://www.lavoixdunord.fr/region/saint-andre-tous-acteurs-de-notre-ville-ia22b129506n1936992

http://www.lavoixdunord.fr/region/agir-ensemble-pour-givenchy-veut-mettre-la-democratie-ia35b54064n1934060

http://www.metronews.fr/municipales-2014/avec-democrateek-les-nantais-se-lancent-en-politique/mncd!oWGONAXZl6F4A/

http://www.ladepeche.fr/article/2014/03/04/1831609-quartiers-libres-pour-les-conseils.html

(3) http://www.anticor.org/2014/02/10/plus-de-200-tetes-de-liste-ont-signe-la-charte-anticor-2014/

(4) http://www.la-democratie-participative.org/contrat-moral.html

(5) « Cherchons nos biens en nous-même, autrement, nous ne les trouverons pas. » - Epictète

(6) http://www.stephanebernard.eu/images/revue-de-presse/stephane-bernard-bani-1-tour-presidentielles-2012.jpg

(7) « Il s'agit moins de penser davantage que de penser autrement. » - Jean-Marie Domenach

(8) cf abonnement sudouest.fr par exemple.

Nous en profitons pour remercier Pierre Penin de Sud-Ouest Pays Basque pour son professionnalisme et son sens de l'équité, même si elle est soumise à la loi du genre et que personne n'a pu comprendre un instant le socle de notre démarche. Nous remercions aussi le site aqui.fr.

(9) Il est à noter le refus de dialogue et de débat de fond de ce genre de mouvement. Pour exemple :

http://www.la-democratie-participative.org/la-com/la-revue-de-presse/22-pourquoi-il-ne-faut-pas-signer-le-pacte-energetique-de-bizi.html

(10) Nous ne remercions pas l'ensemble des journalistes et leur direction rédactionnelle (papier ou internet) qui ont refusé tout article, tout appel et ce malgré de nombreux communiqués de presse depuis juillet 2013, de contacts téléphoniques explicatifs de notre démarche, à savoir Carole Gamelin, Jean Marziou, Hubert Bruyère , Sébastien Compagnon de La République des Pyrénées.

Nous ne remercions pas Nicolas Rebière et Patrice Sanchez de Sud-Ouest Pau, Eric Bentahare de pyreneesinfo.fr

Et nous faisons remarquer à Pierre Lasterra de La semaine du Pays Basque que nous attendons toujours un article de fond depuis octobre 2013.

(11) « C'est la différence d'opinion qui fait les courses de chevaux. » - Mark Twain

(12) http://www.civilisation-sans-argent.org/fr/mediatheque.html

(13) http://blogs.mediapart.fr/blog/romain-lacuisse/260214/democratie-participative-et-municipales-petit-guide-pratique-l-attention-des-candidats

(14) http://www.observatoiredessubventions.com/2012/montants-des-aides-publiques-a-la-presse/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aides_%C3%A0_la_presse_en_France

http://www.contrepoints.org/2013/09/21/139709-fin-medias-detat-ca-presse

http://www.ojim.fr/presse-ecrite-5-milliards-deuros-de-subventions

http://www.latribune.fr/technos-medias/medias/la-concentration-actuelle-des-medias-pose-un-vrai-probleme-democratique-julia-cage-502772.html

(15) « Il faut vivre comme l'on pense, autrement l'on finit par penser comme l'on vit ! » - Paul Bourget

(16) Programme de l'EBR-T

(17) https://www.facebook.com/stephane.bernard.581

(18) http://www.ebrt.org

(19) http://www.lacitenaturelle.fr

(20) « Conseil, cadeau bon marché » - Tristan Bernard

(21) http://paupulaire2014.fr (site fermé)

(22) http://www.la-democratie-participative.org/programmes/dax.html

(23) http://www.jr-etchegaray.fr (site fermé)

 

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Deux Dacquois tentent d’ériger, l’un une cinquième liste, et l’autre, une sixième .

« Ni des extrémistes, ni des utopistes » : c'est ainsi que se définissent ceux qui ont rejoint Emmanuel Klein sur la Liste citoyenne de démocratie participative, qu'il veut présenter. Craignant toutefois de ne pas pouvoir la compléter avant la date butoir du 6 mars.

Depuis le Larzac jusqu'à Droit au logement, en passant par AC contre le chômage, Emmanuel Klein explique avoir embrassé toutes les causes citoyennes et alternatives, avec l'envie désormais de « clôturer » dix ans d'immersion dans le mouvement social par une candidature aux municipales.

« Cri d'espoir »

Tenté par le Front de gauche « qui semblait vouloir s'ouvrir aux causes non partisanes et à la transition », il dit s'en être écarté voyant « les vieux démons du sectarisme et des calculs de Parti reprendre la main sur l'humanisme et l'écologie. » S'inspirant alors des idées trouvées sur le site www.lademocratie-participative.org qui recoupent ses propres réflexions, et s'appuyant sur la charte soutenue par EBR-T (économie basée sur la ressource, la transition), il a donc décidé de proposer cette liste, prônant avant tout une nouvelle forme de gouvernance. Et invite toutes les Dacquoises et les Dacquois motivés à se porter candidat avec lui. « Pas un acte désespéré, mais plutôt un cri d'espoir », considère-t-il. Autour du mundillo politique dacquois, une seule personne semble trouver grâce à ses yeux, parce qu'il l'a rencontrée sur de nombreuses manifestations : Françoise Boulanger. Une main tendue ? « Je ne suis pas sûr qu'elle adhérerait aux 22 principes de notre charte ».

D'autant que de son côté,Françoise Boulanger, encartée Modem, travaille depuis plusieurs semaines sur la constitution de sa liste. Elle y pense même depuis trois ans. Mais comme celle d'Emmanuel Klein, sa liste n'est pas complète. « Je ne veux pas être maire, mais tête de liste, rapporte cette femme dont le grand-père fut élu au sein du Conseil de Milliès-Lacroix. Je souhaite constituer une liste de sensibilités diverses mais de bonnes volontés. Et apporter un projet innovant qui s'appuiera notamment sur l'industrie et un autre management, inspiré de la Scop (société coopérative et participative, NDLR) ».

C. L. avec A. L.

Source

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Altermondialiste ?

Sur leur page wikipedia et sur leur site internet (1), Bizi se revendique de cette mouvance et précise même leur mode d'action et leur façon d'appréhender leur engagement politique. Cela n'a rien en soi de choquant, et pourrait avoir, de plus, un effet d'empathie pour ses jeunes, souriants et préoccupés, toujours mis en avant sur la communication photographique de cette association.
Mais en quoi cette association est-elle altermondialiste ?
Elle reprend l'ensemble des idées du Grenelle de l'environnement dans sa boite à outils « écologique », milite ouvertement pour un mouvement de repli et de communautarisme basque et crée une monnaie qui se veut solidaire, mais ne propose ni plus ni moins qu'une voie autonomiste déguisée...

 Quelle que soit leur couleur politique ?

Si vous avez un engagement écologique, un vrai, pas de ceux qui se dissout dans les couloirs des pouvoirs successifs contre un poste ministériel ou des accords électoralistes, vous comprendrez facilement que nous sommes ici dans une équivoque politique.
Bizi ne s'en est jamais caché, elle va largement chercher ses idées dans le socle d'EELV, appelle à voter pour eux ou proches, et bien sûr se retrouve dans une démarche communautariste de sensibilité abertzalée.
Il suffit de vous pencher sur le fameux questionnaire de juin 2012 lors des législatives (2) et vous comprendrez que l'interprétation des réponses des candidats en fonction de leur proximité avec leurs idées est flagrante. Ils omettent les réponses qui les dérangent afin d'orienter volontairement le résultat, et n'acceptent pas qu'on puisse se contenter des « mesurettes » qu'ils veulent défendre et fièrement proposer.
J'avais déjà dénoncé en son temps cette position qui consiste à ne pas donner la parole à certains candidats sous prétexte de « bien-pensance » et à tronquer les interprétations et les résultats de leur « consultation démocratique » au profit de leurs idées, quitte à penser a priori à la place de leur interlocuteur (3). Rien de nouveau sous le soleil !

Avez-vous lu leur boite à outils et leur pacte énergétique ?

On ne peut que saluer une telle initiative, et je fus des premiers à diffuser leur boite à outils : très bien faite, pédagogiquement légitime, même si, comme d'habitude, largement insuffisante en terme de conservation planétaire... Dans la même veine, elle présente aujourd'hui leur pacte de transition énergétique (4) et précise fièrement que 23 candidats l'ont déjà signée.
Mais ils ont signé quoi exactement ?
Des engagements de réflexions, des tendances à, des possibilités de, si on en croit la lecture objective de ces propositions.
En clair, suivre le chemin écologique de ceux qui dénoncent, mais ne font pas, de ceux qui vont manifester en vélo, mais qui ne demandent pas la gratuité des transport en commun, de ceux qui militent pour une écotaxe au lieu de défendre l'interdiction de polluer, de ceux qui réclament de l'espace préservé, mais qui ne vont pas par delà des modes d'exploitation paysanne au Pays Basque, de ceux qui veulent l'amélioration des processus durables, mais surtout ne pas aller contre les voix de leur électorat, de ceux qui, sous couvert « vert et socialiste ou de gauche», pratiquent  la politique la plus socialement sauvage des 20 dernières années, plus encore que leurs prédécesseurs...
Pardon, j'oubliais la finalité de leur pacte : devenir acteur de l'Eusko ! Oui, ici on parle d'acteur !

L'Eusko, une vrai fausse bonne idée !

Lisez l'argumentation de l'adhésion à l'Eusko et le pourquoi de votre volonté éventuelle d'être un « acteur de l'Eusko » : le simple fait de payer en Eusko « relocaliserait une partie de la production, réduirait les émissions de gaz à effet de serre, renforcerait l’emploi local et la vie sociale des villages et des quartiers ». Rien que cela !
Si au premier abord, on ne peut que trouver sympathique, mais quelque peu désuète, cette initiative, on comprend assez vite ce qui se cache derrière cette démarche monétaire « solidaire ».
N'ayant rien a priori contre l'autodétermination des peuples ou des tribus, et si je suis en faveur des langues régionales et de leur inscription dans une autre constitution républicaine, si je suis bienveillant sur tous les modes d'éducation vraiment alternatifs, je défends aussi l’honnêteté intellectuelle des démarches qui avancent à visage découvert.
Ce sont les décisions politiques de contrainte et d'éducation qui feront avancer les idées légitimes pragmatiques d'un respect de notre écosystème, pas les revendications masquées « d'autonomistes » qui renforcent la fracture communautaire et la cohésion sociale active ! Et encore moins de ceux qui, au nom de la défense de leur identité et de leur culture, se comportent comme des nationalistes extrémistes, un peu à l'image des « antifas » qui n'ont plus aucune légitimité au sein d'un vrai débat démocratique !
De grâce, ne venez pas m'accuser d'intolérance ou de républicain laïque, je ne parle ici que des extrêmes, dont tout le monde, à commencer par ceux dont les limites d'acceptations sont poreuses, devrait se démarquer !
Remplacer une monnaie par une autre, c'est nous demander de choisir entre la peste et le choléra ! Les utilisateurs de l'Eusko sont forcément plus vertueux et soucieux de leur terre que les utilisateurs de l'Euro ou du Yen ? Changer l'outil change-t-il les pratiques de cet outil ?

Alternatiba, un train peut en cacher un autre...

C'est étrange que les organisateurs d'Alternatiba, prônant l'échange et l'ouverture d'esprit, voulant proposer le « nouveau monde démocratique écologique», le refus de façade du clivage, ait décliné que nous participions à cette initiative. Leur argument de non récupération politique par un mouvement citoyen ne tient pas longtemps face la liste de leurs invités, et vous conviendrez que l'on peut douter de leur engagement politique initial et légitime (5) !
Refuser le dialogue politicien pour mieux parler politique, cela ne serait-il pas juste une « position » pratique à géométrie variable en fonction d'intérêts et de connivences non avoués ? Ou simplement un refus du débat contradictoire ?
Il me semble pourtant que le contrat moral proposé pour les listes citoyennes de Bayonne est la seule garantie d'aller encore plus loin que leur « boîte à outils » : http://www.la-democratie-participative.org/contrat-moral.html 
 Mais il est vrai que cette initiative n'a pas de carte ou de cotisation d'adhérent à vendre, est non partisane, en dehors des sensibilités politiques, non clivante, non communautariste, pas plus pro que anti abertzalé et peu supportrice d'EELV : en bref, toutes les garanties d'une indépendance d'esprit au service du citoyen !

Alors pourquoi signer ?

Je ne veux pas m'exprimer à la place des signataires et certainement quelques uns auront des arguments cohérents à m'opposer, mais je ne peux m'empêcher de me poser quelques questions :
Durant un scrutin serré de conquête de pouvoir, n'est-il pas judicieux de ne pas se mettre à dos la « jeunesse abertzalée » qui se présente comme un éventuel arbitre in fine des conseils municipaux à venir ?
Dans un pays ou les promesses de campagne non tenues sont confirmées par la justice (6), que coûte une signature de plus à nos candidats ?
Qui peut laver plus « vert » que des « verts » et pratiquer par la même ce qu'ils sont les premiers à dénoncer, le greenwashing ou écoblanchiment (7) ?
Ne cherche-t-on pas simplement à instrumentaliser ceux qui instrumentalisent à leur tour ?
Il serait intéressant de pouvoir en débattre, mais encore faut-il en accepter le principe ; on verra bien si ceux qui se disent les plus ouverts seront encore une fois les plus sectaires ?

Stéphane Bernard, coordinateur des listes citoyennes de démocratie participative.
http://www.la-democratie-participative.org

(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bizi_!
http://www.bizimugi.eu/fr/qui-sommes-nous/
(2)
http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2012/06/Eclairage-sur-le-classement-effectu%C3%A9-par-le-Comit%C3%A9-dEvaluation-de-Bizi.pdf
http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2012/06/R%C3%A9ponses-Allaux-Capdevielle-Maitia.pdf
(3)
http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2012/06/Bernard-St%C3%A9phane-EBR-T.pdf
http://www.lasemainedupaysbasque.fr/2012/06/08/12263-bizi-un-mouvement-anti-democrate
(4)
http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2014/02/Conf%C3%A9rence-de-presse-du-samedi-1er-f%C3%A9vrier-2014-Dossier-de-presse-Prentsa-Txostena.pdfhttp://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2014/02/LE-PACTE-DE-TRANSITION-ENERGETIQUE-MUNICIPALE-2014-PAYS-BASQUE-bilingue.pdf
http://www.bizimugi.eu/fr/municipales-2014-pays-basque-23-listes-sengagent-dores-et-deja-a-signer-le-pacte-de-transition-energetique-presente-par-bizi/
(5)
http://www.bizimugi.eu/fr/alternatiba
(6)
http://www.partipirate.org/spip.php?article378
(7)
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89coblanchiment

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